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Elevage

L’élevage herbager des bovins, ovins et équins : un rôle prépondérant dans le développement durable des territoires


Les élevages herbagers, centrés sur les prairies, contribuent au développement durable des territoires sur les trois aspects étroitement imbriqués que sont l’environnement, l’économie et le social :

- Environnement : les prairies protègent les sols contre l’érosion, limitent les inondations, incendies et avalanches. Elles permettent de réduire l’utilisation d’énergie dans les exploitations, de participer à la lutte contre le réchauffement climatique en stockant du carbone et de maîtriser la qualité des eaux. Ce sont aussi des espaces très riches en biodiversité animale et végétale.

- Economie : les prairies permettent une production alimentaire (viande, lait) mais aussi de cuir et de laine dans des zones difficilement cultivables. Cette production contribue notamment à répondre à la demande des consommateurs français en produits carnés et laitiers de qualité et crée de l’emploi dans les zones rurales.

- Social : Les prairies et les activités d’élevage associées contribuent au maintien de la vie sociale dans le milieu rural en de l’emploi dans des territoires faiblement peuplés, en participant de façon importante à la qualité et la diversité des paysages et donc à l’attrait touristique des campagnes françaises.

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Races équines


En France, on dénombre 37 races de chevaux reconnues. Cette remarquable diversité traduit celle qui existe dans le monde des éleveurs et des utilisateurs. Chevaux de trait, de loisirs ou de sport, tous répondent à des façons différentes de vivre la passion du cheval et parfois d’en faire son métier. Pourtant, certaines races qui ne correspondent plus à la mode ou aux besoins du moment risquent de disparaître. Les races de trait sont les plus menacées, malgré leur utilisation en boucherie qui leur a permis de perdurer.

On classe les chevaux selon trois types :

- cheval de sang : cheval de selle, de loisir, de sport ou de course. Il existe 17 races de chevaux de sang ;

- poney : cheval de petite taille ne dépassant pas 1,48 m. Le poney est souvent plus résistant que le cheval de sang. Il existe 11 races de poneys ;

- cheval de trait : autrefois utilisé pour l’agriculture et les transports (2 % d’entre eux le sont encore, après débourrage). Puissant, de grand gabarit, il possède un fort développement musculaire. Les chevaux de trait représentent un quart du cheptel total. Il existe 9 races de chevaux de trait.

Il n’existe pas de type particulier pour la boucherie. Même si les races de trait s’y prêtent mieux, c’est la destinée de la plupart des chevaux, sauf mention expresse des propriétaires qui peuvent s’y opposer à tout moment de la vie du cheval (cette information figure sur les papiers du cheval qui le suivent tout au long de sa vie). Ainsi, deux chevaux sur trois n’entrent pas dans la filière viande.

24 % des chevaux de trait ne sont pas issus d’une des 9 races pures, mais le fruit de leurs croisements.

Selon les particularités régionales d’élevage, qui obéissent à des cahiers des charges spécifiques, chaque race est un authentique produit du “terroir”. Les quatre principales régions d’élevage de chevaux de trait sont aujourd’hui : le Jura, les Alpes, le Massif central et les Pyrénées.

Le Comtois

La race comtoise, originaire de Franche-Comté, a gagné l’Alsace, la Bourgogne, le Massif central, les Pyrénées et les Alpes. De nombreux sujets ont été exportés en Espagne, en Belgique, en Hollande et en Allemagne. Elevé en zone continentale, au climat rigoureux, le comtois s’adapte à tous les climats. Il peut rester dehors toute l’année. La progression du nombre d’étalons comtois en activité tend à se ralentir après une forte augmentation entre 1994 et 1998. Le nombre de saillies en croisement tend à diminuer au profit des accouplements en race pure,d’où une forte élévation du nombre de naissances de poulains comtois. Les naissances en race pure sont en progression par le maintien des effectifs en berceau de race et une augmentation en zones de montagne (Massif central et Pyrénées). Cette progression est accentuée par la présence de reproducteurs dans presque toutes les régions françaises. La race comtoise représente 30 % du total des immatriculations de chevaux de trait en 2004.

Le Breton

Elevé à l’origine dans les 4 départements bretons eten Loire-Atlantique, son aire d’extension excède largement le traditionnel “berceau de race”. On trouve aujourd’hui des chevaux bretons partout en France et en particulier dans les régions de moyenne montagne du Massif central et des Pyrénées. Le cheval breton est également présent dans de nombreux pays d’Europe du Sud, ainsi qu’en Afrique du Nord, en Amérique du Sud et au Japon. D’allure énergique et d’une remarquable docilité, le breton, en particulier la variété “postière”, est le cheval d’attelage de loisir idéal. Disséminés en petites unités d’élevage (une à trois poulinières), les chevaux bretons sont l’objet de soins attentifs de la part de leurs éleveurs. La réduction drastique des effectifs de chevaux de trait observée depuis les années 50 n’a pas épargné la race bretonne. Cependant, depuis une dizaine d’années,ceux-ci se sont stabilisés et ont même connu une légère augmentation résultant d’une politique volontariste d’inscriptions à titre initial. La race bretonne représente 25 % du total des immatriculations de chevaux de trait en 2004.

Le Percheron

Deux types de percherons se côtoient aujourd’hui, le trait et le diligencier, ce qui en fait une des richesses de la race. Le “perche aux bons chevaux”, entre Mortagne (Orne) et la Ferté Bernard (Sarthe), se situe au sud de la Normandie, aux confins de l’Orne, de l’Eure, de l’Eure et Loir, du Loir et Cher et de la Sarthe. Cette région a pour centre la vallée de l’Huisne, petite rivière qui arrose la capitale du percheron, Nogent le Rotrou. L’élevage de la race s’est répandu en dehors des régions du Pin, d’Angers et de Blois, puisqu’on trouve des percherons dans de très nombreuses régions de France, ainsi que dans de nombreux pays étrangers (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Argentine, Grande-Bretagne...) où il continue d’être exporté. La race percheronne représente 9 % du total des immatriculations de chevaux de trait en 2004.

L’Ardennais

L’ardennais est l’une des plus anciennes races de chevaux de trait en France. De l’époque romaine au XIXe siècle, il a répondu aux besoins de la guerre ou de l’agriculture. L’ardennais est élevé en race pure dans le quart nord-est de la France, plus précisément dans les régions Champagne-Ardenne, Lorraine et Alsace. On le rencontre parfois dans le Massif central ou dans les Pyrénées. Avec la mise en place des primes races menacées et la reprise des activités de loisirs, en particulier de l’attelage, la race ardennaise reprend son développement. Elle représente 5 % du total des immatriculations de chevaux de trait en 2004.

Le Cob normand

Si l’élevage du cob normand s’est principalement développé dans le département de la Manche et les départements proches, Calvados et Orne, on constate un certain essaimage de la race et la création de noyaux d’élevage avec le haras de La Roche-sur-Yon par exemple et le haras du Pin. On trouve également des chevaux cob normands dans le Massif central (zone nord). La motorisation de l’agriculture vers les années 60 devait porter un sérieux coup au cob normand, mais les éleveurs sont parvenus à ne pas alourdir la race, sans tomber dans la finesse et l’excitabilité souvent reprochées au cheval de selle. Le cob normand appartient à une race à effectifs stables, ces dernières années, si l’on considère le nombre de naissances. La région de Saint-Lô représente au moins 35 % de ces naissances,celle de La Roche sur Yon environ 25 %. La race des cobs normands représente 4 % du total des immatriculations de chevaux de trait en 2004.

Le Boulonnais



Des reproducteurs boulonnais sont recensés dans plusieurs départements du Nord-Ouest, principalement Pas-de-Calais, Nord, Somme, Seine-Maritime et Oise. Depuis quelques années, les effectifs des boulonnais restent stables. Cette race représente 2 % du total des immatriculations de chevaux de trait en 2004.



L’Auxois

L’auxois est un cheval à l’origine exclusivement agricole. La région de l’auxois dans le secteur du haras de Cluny, comprenant toute la partie sud-ouest de la Côte d’Or avec une extension sur les départements de l’Yonne, de la Saône et Loire, ainsi que le nord de la Nièvre, est le berceau d’élevage de la race. Région légèrement vallonnée, fertile, aux pâturages riches, l’auxois a contribué à l’évolution de cette race vers un type de cheval plutôt grand de taille et de format. La race auxois représente 1 % du total des immatriculations de chevaux de trait en 2004.

Le Poitevin

Le cheval mulassier poitevin est “fils du vent marin, de la terre et des eaux”. Il porte dans ses fibres l’influence du terroir de son berceau d’origine où la terre est une argile marine lourde, riche en sels minéraux, dure en été et gorgée d’eau l’hiver. La zone d’élevage s’étend à l’ensemble de la Vendée (Fontenay le Comte, Luçon),aux Deux Sèvres (Melle) et à la Vienne (Civray), au nord de la Charente-Maritime (St Jean d’Angely - Marans) et au nord-ouest de la Charente (Ruffec), c’est-à-dire aux régions des Haras de Saintes et de la Roche-sur-Yon. Les effectifs de cet athlétique cheval de trait sont tombés très bas au début des années 90. Toutefois,la conviction des éleveurs et leur détermination favorisentla remontée des effectifs. Depuis 1998, ils suivent un plan d’accouplement pour limiter l’apparition de la consanguinité. Afin de favoriser une rapide remontée de ces effectifs, les éleveurs privilégient la reproduction en race pure et ont quasiment abandonné la production de mules en dépit d’une forte demande. Il s’agit d’une question de priorité. La production de mules pourra redémarrer lorsque la jumenterie sera suffisante. 94 immatriculations ont été enregistrées en 2004.

Le Trait du Nord

Couvrant le Nord,bordant dans sa partie ouest la zone boulonnaise, l’Artois, la Picardie, la Seine Maritime, la zone d’élevage du trait du nord longe les Ardennes et se prolonge dans la zone auxoise. De taille et de format important, résistant et énergique, le trait du nord était autrefois utilisé dans les grandes plaines du Nord pour les cultures céréalières et betteravières. Il possède une vigueur et une énergie qui lui permettent de fournir, à l’allure du trot, des foulées tout à fait remarquables et de se montrer, au pas, un tracteur développant par sa masse et son influx nerveux, sur tous les terrains, le maximum de puissance. Le nombre de naissances est en légère diminution. 119 immatriculations ont été enregistrées en 2004.

La famille des équins


La famille des équins se compose également de deux catégories :

- POULAIN : mâle ou femelle de moins de 12 mois.

- CHEVAL : mâle ou femelle de plus de 12 mois.

Reproduction et sélection chez les équins


L’étalon, ou cheval entier, est le mâle qui assure la reproduction. Le mâle castré est un hongre. Les juments poulinières sont destinées à la reproduction. À partir de l’âge de dix-huit mois, les jeunes juments ont leurs premières chaleurs et sont prêtes pour la saillie qui intervient en général lorsque la jument a trois ou quatre ans, et le plus souvent entre la mi-février et la mi-juillet. Après onze mois de gestation, la jument “pouline” (met bas) au printemps. Au bout de neuf mois, le poulain pèse la moitié de son poids de naissance, qui est environ de cinquante kilos. Le terme “foal” désigne le poulain non sevré qui tète toujours sa mère. La reproduction se fait encore le plus souvent en saillie naturelle, mais l’insémination artificielle se développe de plus en plus (40 % des saillies en 2001).

Alimentation


L’alimentation des équins dans les systèmes de production français

La France, comme certains pays européens, utilise les chevaux de race de trait pour une production spécialisée de viande chevaline. Ces animaux, en croissance puis en finition, proviennent des troupeaux de juments poulinières de races lourdes, conduits dans les zones herbagères de plaine ou de montagne.

La production de viande chevaline s’appuie, soit sur des systèmes de conduite intensifs où les jeunes poulains ont une courte période de finition à l’issue du sevrage, soit sur des systèmes extensifs où les animaux sont alimentés avec des fourrages conservés ou pâturés, et abattus autour de 3 ans. Les rations alimentaires sont à base de fourrages distribués à volonté et associés à une part importante (35-60%) d’aliments concentrés (céréales et luzerne).

L’alimentation du jeune cheval

Dans les systèmes intensifs, les jeunes chevaux sont alimentés à l’auge après le sevrage, à partir de 6-7 mois jusqu’à 10-18 mois selon leur poids au sevrage et la teneur énergétique de la ration. Les poids vifs à l’abattage se situent autour de 450-500kg.

L’alimentation du cheval de trait

Dans les systèmes extensifs, durant le premier hivernage, la vitesse de croissance des poulains est modérée. Leur alimentation est à base de fourrages et faiblement complémentée en aliments concentrés (5-20% de la ration). Ils sont ensuite abattus, soit à l’issue de la saison de pâturage à l’âge de 18 mois (550-580 kg de poids vif), soit, pour les femelles, à l’âge de 22-24 mois (620-670 kg de poids vif).

90% des chevaux de trait âgés de 5 à 18 mois sont abattus à des fins de consommation.

Le transport des chevaux


Les conditions de transport des animaux font l’objet de nombreuses études menées depuis plusieurs années visant à une meilleure connaissance des chevaux pour l’optimisation de leur confort et de leur bien-être.
La législation en vigueur concernant le transport des animaux vivants, et en particulier des chevaux, est de nature communautaire. Elle est encadrée par une directive européenne (91/628/CE), renforcée de textes complémentaires (Directive 95/29/CE et règlements 1255/97 et 411/98), traduite en droit national. Cette législation évolue, car ces textes ont fait l’objet d’une refonte dans un règlement européen d’application obligatoire dans tous les pays membres de l’Union européenne, entré en vigueur le 1er janvier 2007 (1/2005).

Les mesures règlementaires concernent avant tout les transporteurs, dans le but d’accroître les garanties d’un confort optimal des animaux pendant le transport. Ainsi, parmi les mesures à respecter, on trouve :

- depuis le 31/12/2001, l’obligation, pour l’entreprise de transport d’animaux, d’assurer aux chauffeurs de bétaillères une formation aux mesures réglementaires en vigueur, mais également de fournir des soins d’urgence aux animaux, en cas d’incident ;

- la durée maximale du transport est fixée à 8 heures, pour tous les chevaux adultes, quelle qu’en soit la destination.Mais ce transport peut dépasser 8 heures à la condition que les chevaux soient âgés de plus de 4 mois et qu’à l’intérieur du camion, les aménagements soient conformes à un agrément communautaire en faveur du bien-être des animaux. Lorsque le transport est d’une durée supérieure, les chevaux doivent être abreuvés en permanence et si nécessaire alimentés toutes les huit heures. Dans tous les cas, le transport ne pourra pas dépasser 24 heures. Pour un transport d’une durée supérieure à 24 heures, les animaux doivent être déchargés dans un point agréé, où ils peuvent être abreuvés, nourris et se reposer pendant au moins 24 heures avant la poursuite du trajet ;

- tout transporteur doit être agréé, la formation des convoyeurs faisant partie des conditions d’obtention de l’agrément. En cas d’infractions graves ou répétées, cet agrément peut être suspendu.

En plus de ces dernières règles, le transport des animaux doit respecter une base réglementaire très stricte relative à l’état de l’animal. Hors contexte exceptionnel,il est en effet interdit de transporter, dans un but lié au commerce (vente, abattage…), des animaux malades ou blessés, pas plus que des femelles gestantes et proches du terme.

Enfin, les modifications apportées par le futur règlement sont de nature à mieux contrôler la chaîne de transport dans sa totalité et à mieux définir les responsabilités en matière de bien-être des animaux à chaque étape du transport, avec par exemple la mise en place de carnets de route et de systèmes de navigation par satellite pour le suivi des transports longue durée, l’harmonisation des certificats de transport, mais également l’équipement spécifique des camions pour le transport longue durée. Ce règlement fixe également des densités de chargement différentes selon les espèces animales. Par exemple, les chevaux adultes doivent disposer d’une surface supérieure à 1,75 m2 par animal pour le transport routier.

Professionnels et consommateurs luttent ensemble contre ceux qui ne respectent pas ces réglementations.

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