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Améliorer la durabilité du régime alimentaire grâce à l’évolution des choix alimentaires

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Selon l’examen des études épidémiologiques sur l’impact environnemental des régimes alimentaires, réalisé par des chercheurs français,  la durabilité (représenté ici uniquement par l’impact climatique (émissions de GES),  la qualité nutritionnelle ou la salubrité) des régimes alimentaires pourrait être augmentée sans changement alimentaire drastique ni solution simpliste mais  par plusieurs petites modifications sur diverses catégories d’aliments.

Résumé de la revue : La FAO a défini les régimes alimentaires durables comme étant des régimes nutritionnels adéquats, sûrs, sains, culturellement acceptables et économiquement abordables qui ont peu d’impact sur l’environnement. Cette revue fait le point sur les données des études évaluant, à l’échelle individuelle, l’impact environnemental et la qualité nutritionnelle ou la salubrité des régimes réels et non théoriques.

Dans une majorité d’études, les réductions de la consommation énergétique totale (en lien avec la réduction globale des quantités d’aliments consommés) ainsi que celle de la consommation de viande ont été identifiées comme étant les principaux facteurs de réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation. Mais le choix d’aliments de substitution à la viande est tout à fait aussi crucial ; en effet certaines substitutions isocaloriques peuvent augmenter les émissions totales de gaz à effet de serre.

Par ailleurs, l’adoption de régimes végétariens ou végétaliens est souvent mise en avant comme un moyen de protéger la santé et l’environnement. Or, selon les auteurs, certains régimes non végétariens peuvent également être sains. Des régimes qualifiés de « prudents » avec beaucoup de fruits, de légumes, de noix, de légumineuses et de céréales non raffinées ainsi que des quantités modérées de viande rouge, de poisson et de produits laitiers ont démontré des effets bénéfiques sur la santé. En outre, éviter les produits d’origine animale ne procure pas nécessairement des avantages pour la santé. Les produits d’origine animale sont les seuls fournisseurs de certains éléments nutritifs essentiels si bien que les régimes alimentaires restrictifs et monotones à base de plantes peuvent entraîner des carences avec des conséquences délétères sur la santé. De plus, l’adéquation nutritionnelle est rarement ou partiellement évaluée, compromettant ainsi l’évaluation de la durabilité du régime alimentaire. D’un autre côté, une qualité nutritionnelle élevée n’est pas nécessairement associée à un coût abordable ou à un impact environnemental plus faible. Par conséquent, les auteurs alertent sur la nécessité d’évaluer plusieurs dimensions de l’alimentation durable (à minima : la qualité nutritionnelle, les émissions de GES, le coût, l’acceptabilité par rapport à la culture alimentaire, etc.) par des indicateurs pertinents lors des études sur les régimes alimentaires. Ainsi, certains régimes non végétariens consommés par une fraction substantielle de la population ont montré une bonne compatibilité avec les dimensions nutritionnelles, environnementales, financières et d’acceptabilité.

Dans l’ensemble, les études examinées ont révélé la rareté des données standardisées et représentatives au niveau national pour les prix des aliments et les indicateurs environnementaux et suggèrent que la durabilité du régime alimentaire pourrait être augmentée sans changements alimentaires drastiques.

Source : Improving diet sustainability through evolution of food choices: review of epidemiological studies on the environmental impact of diets. Perignon M, Vieux F, Soler LG, Masset G, Darmon N. Nutr Rev. 2017 Jan;75(1):2-17. 

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