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Elevage

L’élevage herbager des bovins, ovins et équins : un rôle prépondérant dans le développement durable des territoires


Les élevages herbagers, centrés sur les prairies, contribuent au développement durable des territoires sur les trois aspects étroitement imbriqués que sont l’environnement, l’économie et le social :

- Environnement : les prairies protègent les sols contre l’érosion, limitent les inondations, incendies et avalanches. Elles permettent de réduire l’utilisation d’énergie dans les exploitations, de participer à la lutte contre le réchauffement climatique en stockant du carbone et de maîtriser la qualité des eaux. Ce sont aussi des espaces très riches en biodiversité animale et végétale.

- Economie : les prairies permettent une production alimentaire (viande, lait) mais aussi de cuir et de laine dans des zones difficilement cultivables. Cette production contribue notamment à répondre à la demande des consommateurs français en produits carnés et laitiers de qualité et crée de l’emploi dans les zones rurales.

- Social : Les prairies et les activités d’élevage associées contribuent au maintien de la vie sociale dans le milieu rural en de l’emploi dans des territoires faiblement peuplés, en participant de façon importante à la qualité et la diversité des paysages et donc à l’attrait touristique des campagnes françaises.

En savoir plus sur l'élevage et l'environnement...

Races bovines


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La France possède le cheptel bovin le plus important d'Europe, avec pas moins de 25 races. Répondant aux noms de Charolaise, Blonde d'Aquitaine, Rouge des Prés, Normande, Limousine, Gasconne, Aubrac,... elles évoquent tout le charme et la variété de nos campagnes, et constituent un véritable patrimoine. L'implantation dans nos terroirs de races différentes, s'explique par la nature du sol, l'inclinaison, le climat, les différentes qualités d'herbage mais aussi par la volonté de l'éleveur.

Chez les bovins, on distingue trois types de races :

Les races à viande (ou races allaitantes), spécialisées dans la production de viande.
Ce type de race se compose de deux familles :

Les Traditionnelles CHAROLAISE, LIMOUSINE, BLONDE D'AQUITAINE, ROUGE DES PRES, PARTHENAISE...

Les Rustiques SALERS, GASCONNE, AUBRAC...

Les races laitières, élevées pour la production de lait : HOLSTEIN, PRIM'HOLSTEIN, BRETONNE PIE NOIRE, JERSIAISE...

Les races mixtes, aussi réputées pour leur lait que pour leur viande : NORMANDE, MONTBÉLIARDE, ABONDANCE, TARENTAISE, SIMMENTAL...

Rouge FlamandeBlanc BleuBleue du nordPrim'HolsteinNormandePie Rouge des PlainesBretonne Pie NoireRouge des présJersiaiseParthenaiseBlonde d'AquitaineGasconneCamarguaiseCorseSalersAubracBazadaiseTarentaiseAbondanceMontbéliardeVosgienneBruneCharolaiseLimousineSimmental Francaise

La famille des bovins



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Alimentation


L’alimentation des bovins et des ovins en France


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L’alimentation des boeufs et des génisses de race à viande

Ces animaux à croissance lente, engraissés jusqu’à l’âge de trois ans en moyenne, donnent une viande de qualité réputée.
Après avoir passé environ huit mois au pâturage avec leur mère et avoir été sevrés, leur régime alimentaire alterne des phases de pâturage exclusif, sans autre aliment, au printemps, en été et en automne, avec des phases d’alimentation en bâtiment l’hiver, quand l’herbe ne pousse plus, reposant sur du foin ou autre fourrage conservé, plus des céréales et des tourteaux.

Il y a bien sûr quelques variantes à cette alimentation type. En région Limousine, certaines génisses sont abattues jeunes vers 10 à 20 mois. De même, les boeufs issus de races laitières sont sevrés très tôt, reçoivent durant les trois premiers mois de leur vie de l’aliment d’allaitement, du foin, des céréales et des tourteaux avant d’aller au pâturage et sont abattus plus jeunes que les boeufs issus de races à viande.

A l’opposé, certaines génisses de races à viande sont élevées jusqu’à 42-45 mois et font alors souvent un veau, mais leur régime alimentaire reste le même que celui décrit plus haut. Source : Institut de l'élevage.

L'alimentation des jeunes bovins ou taurillons

Les bovins mâles issus du troupeau français peuvent avoir plusieurs destinées.

S'ils sont de race laitière, ils sont orientés soit vers la production de veau de boucherie, soit castrés pour une faible proportion d'entre eux, soit engraissés pour être abattus jeunes vers 18 mois pour produire du " taurillon ".

S'ils sont de race à viande, ils sont soit castrés pour faire des boeufs, soit engraissés pour produire également des taurillons. Cette production de taurillons donne une viande peu colorée. Elle est majoritairement destinée au marché export. Leur alimentation est assez standardisée.

S'ils sont issus de race laitière, ils sont sevrés au cours de leur premier mois et reçoivent alors pendant trois mois un aliment d'allaitement plus du foin ou concentré. S'ils sont issus de race à viande, ils sont sevrés après 8 mois passés avec leur mère au pâturage.

Ensuite, les trois quarts des jeunes bovins produits dans notre pays sont alimentés avec des aliments comportant du maïs-fourrage (plante entière). Cet aliment très énergétique, riche en glucides mais pauvre en protéines, est complémenté avec d'une part, des matières azotées sous forme de céréales, et d'autre part, du tourteau d'oléagineux (ex : tourteau de soja).

Les variantes dans l'alimentation sont liées aux disponibilités régionales. Dans le Nord, région productrice de betteraves sucrières, les pulpes sèches ou surpressées remplacent le maïs-ensilage.

Dans le Sud-Ouest, le maïs-ensilage peut être remplacé par du sorgho ensilé, de la luzerne, et dans d'autres régions, par des céréales aplaties.

Dans certains cas, les jeunes bovins de races laitières peuvent également passer au pâturage entre les âges de 6 mois et un an ; à cet âge, rentrés à l'étable, ils reçoivent l'alimentation décrite précédemment jusqu'à l'abattage qui intervient à l'âge de 20-21 mois.

Fonctionnement de l'estomac d'un ruminant

- La vache a quatre estomacs qui lui permettent de ruminer.

La rumination est la première étape de l'alimentation des bovins, mais aussi de nombreux animaux sauvages ou domestiques dénommés ruminants (les cerfs, les zébus, les buffles, les moutons, chèvres, mouflons…). Au pré, un bovin rumine de 8 à 12 heures par jour.La rumination est lente et se décompose en différentes étapes, au cours desquelles les aliments font des allers-retours entre la bouche et les premiers des quatre estomacs que possède la vache :
- la panse ou rumen,
- le réseau ou bonnet,
- le feuillet ou livret,
- la caillette.

















- La rumination : pour ne pas consommer sur place



Pour que la rumination commence, il faut que la vache se nourrisse. Quand elle broute, elle ne va pas beaucoup mâcher son herbe, mais plutôt l'avaler sous forme de brins assez longs. Ces brins descendent dans l'œsophage et tombent dans le réseau, d'où ils vont directement dans la panse (toutes les minutes).







Une fois que la vache a brouté une grande quantité d'herbe, elle va se coucher au calme. C'est à ce moment-là que la rumination vraie commence. De la panse, les gros brins d'herbe vont être renvoyés vers la bouche, grâce à une contraction du réseau synchronisée avec l'œsophage. De retour dans la bouche, ce bol alimentaire va être mâchonné longtemps.
Cette mastication réduit la dimension des particules d'herbe. Pendant cette étape, une forte quantité de salive vient se mélanger à l'herbe : lorsque la vache mastique entre 6 et 8 heures par jour, elle produit entre 160 et 180 litres de salive.



Une fois bien broyés, les petits brins d'herbe retournent dans la panse. Ils vont alors être " attaqués " par les micro-organismes, qui vont commencer à les digérer.
Cette intense activité microbienne est une fermentation. Elle se produit en continu, mais un même brin végétal reste dans le rumen de 24 à 48 h, pendant lesquelles il est "attaqué" par les micro-organismes. Cette fermentation fabrique des substances volatiles, qui vont passer à travers la paroi de la panse et être utilisées comme source d'énergie par les organes de la vache. Elles vont aussi participer à la fabrication du lait.



Cette fermentation produit plus de 1 000 litres de gaz par jour. Seuls les aliments finement broyés en bouillie passent dans les réservoirs suivants : le feuillet, puis la caillette.

La rumination permet aux bovins de ne pas passer toute la journée dans une prairie à mastiquer de l'herbe. Ils peuvent au contraire passer un minimum de temps à brouter et stocker cette herbe dans leur panse. Puis ils vont aller un peu plus loin, à l'abri, et recommencer à les mastiquer. La rumination leur permet de limiter le temps pendant lequel ils sont dans une prairie, "à découvert" et exposés au soleil mais aussi aux prédateurs. Car la domestication des vaches n'est pas trés ancienne et auparavant, il n'y avait pas d'éleveurs pour protéger les vaches sauvages des attaques des carnivores.

- Le feuillet va commencer à trier certains nutriments

Dans le feuillet, la vache va absorber certaines substances contenues dans la "bouillie" d'herbe et de micro-organismes : l'eau, le sodium, le phosphore et d'autres substances volatiles. Le sodium et le phosphore sont récupérés dans le sang et retourneront dans la panse par l'intermédiaire de la salive.

Nota : Grâce à ses lames, qui ont un espacement bien déterminé, le feuillet va aussi fonctionner comme un filtre : les gros brins d'herbe ne peuvent pas descendre. Seules les particules de moins de 2 mm de long peuvent traverser le feuillet : il régularise le transit digestif et prépare le repas de la vache à la digestion vraie qui se fera dans la caillette.


- La caillette fait une digestion acide

La caillette sécrète de l'acide chlorhydrique et de nombreuses enzymes digestives, comme le fait l'estomac des autres animaux non ruminants (le chien, le porc, l'homme…).

Nota : La caillette digère la majorité des graisses (lipides) et les protéines végétales qui ont échappé à la fermentation dans la panse.
Elle digère aussi les protéines que les bactéries ont fabriqué dans la panse. Cela représente de 0,5 à 2,5 kg de protéines par jour, fabriquées à partir de l'herbe.

Au terme de ce lent travail, les aliments ne ressemblent plus du tout à des brins d'herbe. Ils passent ensuite dans l'intestin grêle et le gros intestin, où la digestion se poursuit grâce aux sécrétions de la vésicule biliaire et du pancréas… Mais c'est une autre histoire.

Reproduction


La puberté chez les bovins apparaît vers l’âge de 15 mois. Le cycle sexuel des femelles dure environ 21 jours. Une femelle en chaleurs accepte le chevauchement de ses congénères. L’ovulation a lieu 10 à 12 h après la fin des chaleurs. Après le vêlage (naissance du veau), qui entraîne la production de lait, les femelles n’ont pas de chaleurs pendant 40 à 90 jours selon les races, sachant que la tétée du veau allonge cette période chez les races bovines dites "à viande".

La durée de gestation d’une vache est d’environ 9 mois mais dépend de la race, de l’âge de la femelle, du nombre de veaux qu’elle a eus et du nombre de veaux nés à chaque vêlage. Cette durée a tendance à augmenter avec la taille de la femelle. Les races les plus lourdes ont des gestations d’environ 293 jours, contre 283 jours pour les races plus petites. Les génisses (femelles n’ayant encore jamais vêlé) ont une durée de gestation légèrement plus courte que les vaches, et les jumeaux entraînent aussi une baisse de la durée de gestation.

Une vache de race à viande produit entre 10 et 20 litres de lait par jour pendant sa lactation qui dure jusqu’au sevrage du veau (entre 6 et 8 mois); une vache de race laitière, qui elle est traite, donne en revanche en moyenne de 20 à 25 litres de lait par jour pendant 300 jours par an.

Monte naturelle ou insémination artificielle chez les bovins

En élevage laitier (élevage dont la production principale est le lait), 90% des femelles sont fécondées par insémination artificielle. Un taureau dit "améliorateur" (c'est-à-dire qu’il apportera à la nouvelle génération un "plus" au niveau du critère de sélection choisi) peut ainsi engendrer de 100 à 200.000 veaux en 2 ou 3 ans. L'insémination artificielle permet donc de diffuser facilement le progrès génétique dans le monde ; elle offre de nombreuses garanties tant pour la qualité de la production qu’au niveau sanitaire.



Paillettes (doses d’insémination)

En élevage allaitant (élevage destiné à la production de viande), la monte naturelle est privilégiée pour des raisons pratiques. En effet, lors de la période de reproduction qui se situe au printemps, les vaches sont dans les prés, et tant la détection des chaleurs que la manipulation des vaches pour l’insémination sont plus délicates. Il y a toutefois entre 10 et 40% des femelles de races à viande qui sont fécondées par insémination artificielle.



Reproducteur laitier

Les avantages de l’insémination artificielle sont :
- d’ordre sanitaire (limitation de la propagation des maladies sexuellement transmissibles et de la brucellose),
- d’ordre génétique (choix des taureaux),
- voire d'ordre économique (pas d’entretien de taureaux sur l’exploitation).

Les inconvénients sont :
- les manipulations plus importantes des animaux,
- la nécessité de personnel supplémentaire,
- des résultats de gestation moins élevés qu’en monte naturelle.

Dans l’espèce bovine, on sait congeler la semence (ce qui par exemple n’est pas le cas chez les porcins où la semence doit être utilisée "fraîche"). Il est ainsi possible d’exporter les qualités génétiques d’un taureau dans tous les pays et à n’importe quelle saison, sans avoir à déplacer l'animal lui-même.

La sélection des animaux

En production de viande, les objectifs de sélection se situent à 3 niveaux :
- le naisseur recherche des qualités d’élevage, c’est-à-dire tout ce qui touche à la reproduction, à l’allaitement, au vêlage, à l’instinct maternel, etc.
- l’engraisseur est plus intéressé par les performances de croissance de l’animal, son aptitude à bien utiliser les aliments consommés, sa morphologie, sa capacité d’engraissement, etc.
- le transformateur s’intéresse aux critères influant sur la qualité des carcasses afin d’obtenir des rendements élevés et une viande de bonne qualité.

Le vêlage

Le vêlage est l'ensemble des événements qui vont permettre au veau de naître.

Mais il ne se limite pas à l'expulsion du veau de l'utérus de sa mère : le vêlage concerne aussi l'expulsion des enveloppes fœtales, qui, normalement, suivent le même chemin que le veau dans les heures suivant sa naissance. Le vêlage déclenche la mise en route de la lactation, qui va nourrir le jeune bovin.

La fin de la gestation de la vache
La gestation de la vache dure au total 9 mois. Mais pendant toute cette durée, le fœtus ne grandit pas à la même vitesse : la plus grande partie de sa croissance a lieu au cours des trois derniers mois (du jour 190 au jour 282). Le poids du futur veau passe alors en moyenne de 4 kg (poids qu'il a mis 6 mois à atteindre) à environ 40 kg.

Pendant toute la gestation, les besoins alimentaires de la vache augmentent. Et pendant le dernier tiers de la gestation, l'organisme de la vache qui porte un veau doit maintenir en permanence deux objectifs un peu contradictoires :

1/ son alimentation doit pouvoir fournir suffisamment de matériau de construction au fœtus pour qu'il puisse grossir de 35 kg en 3 mois,

2/ mais pendant qu'il grossit dans l'utérus, le veau repousse la panse de la vache vers l'avant. Ce qui diminue un peu le volume de cet estomac et augmente la pression dans le ventre de la vache, à la fois sur l'appareil digestif, sur la vessie… et augmente le volume total de l'abdomen.

La vache doit donc manger plus avec un estomac plus comprimé. Elle devient donc particulièrement sensible aux problèmes alimentaires, mais aussi aux incidents sanitaires (infections, stress…) qui pourraient se produire pendant cette période.

Les signes annonciateurs du vêlage
Pour prévoir à quel moment le début du travail va se faire, plusieurs critères sont observables :

1/ Si la vache va faire son premier veau, le pis s'élargit, gonfle (œdème). Sur les vaches plus âgées,
la montée de lait commence très peu de temps avant le vêlage.

2/ Les ligaments du bassin de la vache se relâchent : ils se distendent, ce qui permettra au veau de passer à travers le bassin pendant la naissance. Cette relaxation fait descendre la base de la queue entre les pointes des fesses de la vache, si on l'observe de l'arrière. Le bout de la queue est aussi souvent "tout mou". Sans cet écartement physiologique, le veau ne pourrait être expulsé



3/ Un écoulement translucide de mucus apparaît à la vulve de la vache : c'est le bouchon de mucus qui bloquait l'utérus pendant toute la gestation qui se liquéfie pendant les jours qui précèdent la naissance.

L'observation du vêlage
Il est important pour un éleveur d'observer ses vaches pendant le travail. Avant tout pour pouvoir la placer à temps dans un espace à part, où elle sera tranquille pour mettre bas. Mais également pour détecter à temps toute anomalie qui nécessiterait l'intervention du vétérinaire.

Toutefois, il faut déranger la vache le moins possible pendant le vêlage : certains éleveurs utilisent une caméra vidéo reliée à leur propre chambre à coucher pour pouvoir observer le travail de la vache qui a choisi de vêler pendant la nuit.

La position normale du veau dans l'utérus au moment du vêlage est très importante : si le veau est bien positionné, la vache va pouvoir lui donner naissance sans aide extérieure. Mais, dans environ
5 % des cas, le veau est mal positionné dans l'utérus.

L'intervention de l'éleveur, ou du vétérinaire, devient alors impérative pour sauver le veau et sa mère. Parfois, il n'est pas possible de sortir l'animal par les voies naturelles. Le vétérinaire procède alors à une césarienne.

Les trois étapes du travail
Avant de donner naissance au veau, la vache se couche. Ce qui a pour effet de ramener l'utérus à l'horizontale et d'améliorer l'efficacité des contractions utérines : la panse pousse alors passivement
le veau vers l'arrière et les contractions le "guident" vers la sortie.



Première étape : dilatation du col utérin et début des contractions
Le premier stade du vêlage dure en général 4 heures (6 heures si la vache vêle pour la première fois).Le col de l'utérus, jusqu'alors contracté, se dilate. Dans le même temps, les premières contractions utérines, encore irrégulières, démarrent. Elles commencent à déplacer le fœtus vers l'arrière. Mais c'est la "poche des eaux" qui va se trouver entre le fœtus et le col de l'utérus.

Deuxième étape : l'expulsion du veau
Cette étape dure de 2 à 10 heures, une vache adulte donnant généralement naissance au veau en
3 heures. Les contractions augmentent en intensité et régularité, poussant le fœtus. La poche des eaux se rompt alors. Le fœtus progresse dans la filière pelvienne : ses pattes avant apparaissent d'abord à l'extérieur, puis sa tête. Ce qui permet de ne pas rompre le cordon ombilical pendant que la tête du veau est encore à l'intérieur (le veau ne pourrait alors pas respirer).

Troisième étape : la délivrance
Pendant cette troisième étape, le veau est au sol, encore englué, léché par sa mère, le cordon ombilical rompu. Le reste du placenta est alors expulsé de l'utérus, dont le volume a brutalement diminué, mais qui continue de se contracter. Ces restes de placenta, appelés "délivre", sont expulsés dans les 12 heures suivant le veau.

Si l'éleveur ne trouve pas ces restes aux côtés de la vache (cela survient spontanément dans 5 à
10 % des cas), il appelle alors le vétérinaire, qui va venir effectuer la "délivrance", soit en injectant des produits qui vont stimuler les contractions, soit en intervenant manuellement.

En effet, si ces tissus morts étaient laissés dans l'utérus, ils risqueraient d'y provoquer une infection.

Tous les veaux ne pèsent pas le même poids à la naissance. Cela dépend tout particulièrement de la race des parents. Les bovins Charolais, par exemple, sont des races "à viande" : ils sont très massifs et ont une masse musculaire imposante. Ce qui se retrouve dès la naissance sur leurs veaux, qui dépassent souvent 50 kg.

Inversement, la vache Holstein, qui est une race laitière, a un format plus fin et ses veaux pèsent aux alentours de 40 kg.

Les premiers soins au veau nouveau-né
Lorsque l'éleveur assiste au vêlage, dès la naissance du veau il va lui dégager les narines de toutes les matières liquides qui les bouchent et s'assurer que le veau respire normalement. Dans certains cas, suspendre le veau la tête en bas aide à éliminer ces matières de l'appareil respiratoire supérieur.

La désinfection du reste du cordon ombilical reste un geste important : une infection du nombril est une complication relativement fréquente.

Enfin, l'éleveur s'assure que le veau a tété très vite après sa naissance. En effet, le premier lait
de sa mère est riche en anticorps. Pendant les 24 premières heures de la vie du veau, son intestin est perméable aux grosses protéines. Ces anticorps contenus dans le premier lait (dénommé colostrum) passent alors directement, du tube digestif, dans le sang du veau : il sera ainsi en quelque sorte passivement "vacciné" par sa mère. Ces anticorps ne durent que quelques semaines, mais c'est suffisant au système immunitaire du jeune veau pour prendre le relais dans la défense contre les infections.

Les inconvénients de la mise bas "au pré"
Lorsque la naissance du veau se fait au pré, en l'absence d'intervention humaine, ce qui est relativement fréquent pour les vaches de race à viande, le plus grand risque pour un veau est de naître dans des conditions météorologiques défavorables : la plupart des vêlages se font en fin d'hiver, jusqu'au printemps. Le froid n'est pas particulièrement dangereux pour un veau sec. Mais un temps humide et froid épuise rapidement les réserves d'énergie des veaux.

Aux Etats-Unis, une enquête nationale a montré que les mauvaises conditions météorologiques
au moment de la naissance étaient la première cause de mortalité des veaux (un animal sur cinq).

Là encore, l'observation des animaux par l'éleveur permet de limiter toute déconvenue.


Bien-être


"Tout animal est un être sensible envers qui l’homme a des obligations".
La manipulation des animaux, les soins à leur apporter, leur transport, sont autant d’actes quotidiens strictement réglementés sur la base d’une préoccupation fondamentale : le bien-être animal. L’éleveur, entre autres, est l’un des principaux acteurs de ce respect du bien-être, ne serait-ce que grâce à sa connaissance du comportement naturel des animaux. Les bovins et les ovins disposent, par exemple, d’une très grande sensibilité olfactive et d’une bonne perception auditive.
Ainsi, ces deux espèces réagissent aux bruits et aux odeurs particulières. Par contre leur perception visuelle est limitée; ils ne perçoivent pas notamment les éléments en relief. Ils sont facilement perturbés par un changement d’éclairage et par des ombres. Les bovins et les ovins sont des animaux dits sociaux, c’est-à-dire qu’ils vivent généralement en groupe.
Ce phénomène est particulièrement développé chez la majorité des races ovines dites grégaires.

Les soins apportés aux bovins

Malgré leur gabarit imposant, les bovins sont sensibles, menacés d’affections, conséquences de plusieurs facteurs de risques liés :

- à l’animal lui-même,

- à son environnement (une étable humide, un manque d’hygiène, une alimentation inadaptée),

- à des agents pathogènes (virus, bactéries, parasites).

Certains signes sont annonciateurs d’une maladie; l’éleveur y est particulièrement attentif...

Il peut s’agir d’abattement, d’un manque d’appétit, d’un arrêt de la rumination, d’une boiterie, d’un essoufflement, d’un écoulement nasal, d’une toux sèche ou grasse, d’une hyperthermie (température supérieure à 39,5°).

A tous les instants, l’éleveur porte une attention systématique au respect des règles d’hygiène, aux conditions d’ambiance, aux premiers signes de la maladie afin de l’identifier... et de soigner l’animal dans les meilleurs délais.

Si le bien-être et la santé de l’animal doivent être une préoccupation naturelle par le simple fait que c’est un devoir pour l’homme, il faut également savoir que la non prise en compte de ces éléments conduit, pour le consommateur, en France notamment, à une forte dépréciation économique de la viande en raison des conséquences que cela a sur la qualité de la viande.

Le transport des ruminants


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La base réglementaire du transport des ruminants
Il y a certaines règles auxquelles le transport des animaux ne déroge pas : elles sont relatives à l'état de l'animal. Hors contexte exceptionnel, il est en effet interdit de transporter, dans un but lié au commerce (vente, abattage…), des animaux malades ou blessés, pas plus que des vaches ou des brebis gestantes et proches du terme.

De même, un jeune âgé de moins de deux jours doit rester avec sa mère et ne peut être soumis au transport. Il est simple de distinguer les nouveau-nés : leur nombril (ombilic) n'est pas cicatrisé.

Les règles de bien-être des animaux telles qu'elles sont définies dans la législation concernent des transports à visée commerciale : elles ne s'appliquent pas à l'éleveur qui embarque des veaux dans une fourgonnette pour les amener au champ, ou, d'une façon plus générale, à des transports de moins de 50 km.

L'aiguillon est depuis longtemps interdit pour obliger les animaux à monter dans un camion de transport. Il existe également une pile, qui envoie de faibles décharges électriques si elle est mise au contact de la peau de l'animal (un peu comme les clôtures électriques).
Photo Institut de l'Elevage
Son utilisation est réglementée aussi : la loi prévoit que l'on "évite dans la mesure du possible l'utilisation d'appareils administrant des décharges électriques". Ces piles sont tolérées sur les bovins adultes mais seulement sur les muscles de l'arrière-train, sur ceux qui refusent de bouger et si les chocs durent deux secondes au maximum et sont "correctement espacés".

Photo Institut de l'Elevage



Marchés aux bestiaux et bien-être animal

Chaque semaine, à jour et à heure fixes, les marchés aux bestiaux ouvrent leurs portes.

Environ deux millions d'animaux, pour l'essentiel des bovins et des ovins, transitent chaque année par ces lieux d'échanges interprofessionnels. Ces regroupements d'animaux permettent, selon la loi de l'offre et de la demande, de déterminer les prix du bétail.

Le commerce de bétail représente 13 000 opérateurs, 1 500 entreprises, pour un chiffre d'affaires de 9 milliards d'euros.
Maillons indispensables de la filière bétail et viandes, les marchés aux bestiaux sont présents dans plus d'une cinquantaine de communes françaises...

Pour en savoir plus sur les marchés aux bestiaux et voir des extraits du film réalisé par le CIV, consultez notre mini-site :



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Transhumance

La transhumance, qui signifie "au-delà des terres", se pratique partout où les troupeaux doivent changer de territoire pour se nourrir. Qu’elle soit bovine ou ovine, elle se pratique, en France, dans les massifs montagneux : Alpes, Pyrénées, Massif Central... Chaque année, aux beaux jours, entre mai et juin, les vaches et leur veau, les brebis et leurs agneaux, tous nés en hiver, prennent leurs quartiers d’été. Ils quittent la plaine, où il ne reste plus rien à pâturer, pour gagner les estives; là, ils pourront brouter l’herbe des alpages, surveillés par un ou plusieurs bergers, laissant ainsi à l’éleveur du temps pour préparer l’hiver : assurer les réserves alimentaires à partir du foin qu’il va récolter dans ses prairies autour de l’exploitation...

La transhumance se pratique le plus souvent en camion, parfois à pattes comme il y a encore quelques années.

Cette pratique, ancestrale, a toujours sa raison d’exister. D’une part, elle permet aux animaux de trouver de la nourriture et d’autre part, elle est utile à l’homme : l’été, les troupeaux broutent les pistes de ski et leurs alentours et permettent ainsi, en rasant l’herbe, de retenir le manteau neigeux en hiver, évitant ainsi les avalanches.

En savoir plus sur le bien-être des animaux d'élevage...