Le veau, mâle ou femelle, est le petit de la vache. C'est un animal jeune, qui est élevé soit pour renouveler le troupeau, soit pour sa viande comme "veau de boucherie". Élevé jusqu'à 5 ou 6 mois en France, parfois jusqu'à 8 mois dans d'autres pays européens, le veau de boucherie donne une viande très appréciée du consommateur pour sa tendreté et sa couleur claire.
Comme pour toutes les femelles de mammifères, chez la vache, la naissance d'un veau par an est indispensable pour déclencher, chaque année la production de lait. Dans les élevages laitiers, tout le lait produit par les vaches est collecté pour la consommation humaine. Par conséquent, un éleveur spécialisé dans la production de lait ne peut pas garder tous les veaux. Après leur naissance, les veaux boivent le colostrum, c'est-à-dire le premier lait riche en anticorps maternels qui les protègent contre diverses infections. Puis, l’éleveur laitier va choisir les jeunes femelles qu'il garde pour le renouvellement de son troupeau (soit chaque année entre 20 et 30% des veaux nés sur son exploitation) et le plus souvent, il vend les autres veaux.
Ces derniers sont alors élevés dans des élevages spécialisés, 70 % d’entre eux comme veaux de boucherie et 30 % pour donner de la viande rouge (jeunes bovins de boucherie, génisses, boeufs).
Dans les élevages de races à viande (Blonde d'Aquitaine, Charolaise, Limousine…), les veaux tètent le lait de leur mère jusqu’au sevrage. 4 % d'entre eux sont élevés comme veaux de boucherie. C'est la production dite de "veaux sous la mère". Plus de 60 % des autres veaux sont élevés plus longtemps pour donner de la viande rouge et près de 30 % sont destinés à la reproduction (vaches, taureaux).
Les ateliers spécialisés accueillent la grande majorité des veaux de boucherie, essentiellement issus du troupeau laitier. De nombreux éleveurs se sont spécialisés dans ce mode d'élevage qui demande une grande technicité. Il est présent sur l’ensemble du territoire national, avec une forte prédominance "historique" dans les bassins laitiers de l'Ouest (Normandie, Bretagne, Pays de la Loire). Environ 6 000 ateliers de plus de 25 places fournissent près de 85 % de la production annuelle de viande de veau de boucherie.
Le "veau sous la mère" représente un peu moins de 10 % de la production annuelle de viande de veau de boucherie. Ce mode d'élevage traditionnel est particulièrement présent dans le Sud Ouest de la France (Aquitaine, Limousin, Midi-Pyrénées).
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La France possède le cheptel bovin le plus important d'Europe, avec pas moins de 25 races. Répondant aux noms de Charolaise, Blonde d'Aquitaine, Rouge des Prés, Normande, Limousine, Gasconne, Aubrac,... elles évoquent tout le charme et la variété de nos campagnes, et constituent un véritable patrimoine. L'implantation dans nos terroirs de races différentes, s'explique par la nature du sol, l'inclinaison, le climat, les différentes qualités d'herbage mais aussi par la volonté de l'éleveur.
Chez les bovins, on distingue trois types de races :
Les races à viande (ou races allaitantes), spécialisées dans la production de viande. Ce type de race se compose de deux familles :
Les Traditionnelles CHAROLAISE, LIMOUSINE, BLONDE D'AQUITAINE, ROUGE DES PRES, PARTHENAISE...
Les Rustiques SALERS, GASCONNE, AUBRAC...
Les races laitières, élevées pour la production de lait : HOLSTEIN, PRIM'HOLSTEIN, BRETONNE PIE NOIRE, JERSIAISE...
Les races mixtes, aussi réputées pour leur lait que pour leur viande : NORMANDE, MONTBÉLIARDE, ABONDANCE, TARENTAISE, SIMMENTAL...
Chaque jour, le veau doit consommer la quantité de lait suffisante pour couvrir ses besoins de croissance, que ce soit le lait maternel ou un aliment d’allaitement préparé par l’éleveur.
Encore appelé lactoremplaceur, l'aliment d'allaitement est un aliment complet et équilibré. Mélange composé de poudre de lait et de compléments nutritionnels, il est dilué dans de l'eau chaude avant d'être distribué aux veaux.
Dans les ateliers spécialisés, les veaux prennent leur buvée, quand ils le désirent, grâce à des distributeurs automatiques de lait, ou 2 fois par jour quand l'éleveur leur apporte le lait dans des seaux. Les veaux élevés “sous la mère” sont eux amenés 2 fois par jour à leur mère par l'éleveur pour la tétée. De plus, dans tous les modes d'élevage, du foin ou d’autres fourrages apportant des fibres végétales sont proposés, en petite quantité, à tous les veaux. Cela permet de tenir compte de l'évolution physiologique de leur système digestif, comme le demande la réglementation.
Le vêlage est l'ensemble des événements qui vont permettre au veau de naître.
Mais il ne se limite pas à l'expulsion du veau de l'utérus de sa mère : le vêlage concerne aussi l'expulsion des enveloppes fœtales, qui, normalement, suivent le même chemin que le veau dans les heures suivant sa naissance. Le vêlage déclenche la mise en route de la lactation, qui va nourrir le jeune bovin.
La fin de la gestation de la vache La gestation de la vache dure au total 9 mois. Mais pendant toute cette durée, le fœtus ne grandit pas à la même vitesse : la plus grande partie de sa croissance a lieu au cours des trois derniers mois (du jour 190 au jour 282). Le poids du futur veau passe alors en moyenne de 4 kg (poids qu'il a mis 6 mois à atteindre) à environ 40 kg.
Pendant toute la gestation, les besoins alimentaires de la vache augmentent. Et pendant le dernier tiers de la gestation, l'organisme de la vache qui porte un veau doit maintenir en permanence deux objectifs un peu contradictoires :
1/ son alimentation doit pouvoir fournir suffisamment de matériau de construction au fœtus pour qu'il puisse grossir de 35 kg en 3 mois,
2/ mais pendant qu'il grossit dans l'utérus, le veau repousse la panse de la vache vers l'avant. Ce qui diminue un peu le volume de cet estomac et augmente la pression dans le ventre de la vache, à la fois sur l'appareil digestif, sur la vessie… et augmente le volume total de l'abdomen.
La vache doit donc manger plus avec un estomac plus comprimé. Elle devient donc particulièrement sensible aux problèmes alimentaires, mais aussi aux incidents sanitaires (infections, stress…) qui pourraient se produire pendant cette période.
Les signes annonciateurs du vêlage Pour prévoir à quel moment le début du travail va se faire, plusieurs critères sont observables :
1/ Si la vache va faire son premier veau, le pis s'élargit, gonfle (œdème). Sur les vaches plus âgées, la montée de lait commence très peu de temps avant le vêlage.
2/ Les ligaments du bassin de la vache se relâchent : ils se distendent, ce qui permettra au veau de passer à travers le bassin pendant la naissance. Cette relaxation fait descendre la base de la queue entre les pointes des fesses de la vache, si on l'observe de l'arrière. Le bout de la queue est aussi souvent "tout mou". Sans cet écartement physiologique, le veau ne pourrait être expulsé
3/ Un écoulement translucide de mucus apparaît à la vulve de la vache : c'est le bouchon de mucus qui bloquait l'utérus pendant toute la gestation qui se liquéfie pendant les jours qui précèdent la naissance.
L'observation du vêlage Il est important pour un éleveur d'observer ses vaches pendant le travail. Avant tout pour pouvoir la placer à temps dans un espace à part, où elle sera tranquille pour mettre bas. Mais également pour détecter à temps toute anomalie qui nécessiterait l'intervention du vétérinaire.
Toutefois, il faut déranger la vache le moins possible pendant le vêlage : certains éleveurs utilisent une caméra vidéo reliée à leur propre chambre à coucher pour pouvoir observer le travail de la vache qui a choisi de vêler pendant la nuit.
La position normale du veau dans l'utérus au moment du vêlage est très importante : si le veau est bien positionné, la vache va pouvoir lui donner naissance sans aide extérieure. Mais, dans environ 5 % des cas, le veau est mal positionné dans l'utérus.
L'intervention de l'éleveur, ou du vétérinaire, devient alors impérative pour sauver le veau et sa mère. Parfois, il n'est pas possible de sortir l'animal par les voies naturelles. Le vétérinaire procède alors à une césarienne.
Les trois étapes du travail Avant de donner naissance au veau, la vache se couche. Ce qui a pour effet de ramener l'utérus à l'horizontale et d'améliorer l'efficacité des contractions utérines : la panse pousse alors passivement le veau vers l'arrière et les contractions le "guident" vers la sortie.
Première étape : dilatation du col utérin et début des contractions Le premier stade du vêlage dure en général 4 heures (6 heures si la vache vêle pour la première fois).Le col de l'utérus, jusqu'alors contracté, se dilate. Dans le même temps, les premières contractions utérines, encore irrégulières, démarrent. Elles commencent à déplacer le fœtus vers l'arrière. Mais c'est la "poche des eaux" qui va se trouver entre le fœtus et le col de l'utérus.
Deuxième étape : l'expulsion du veau Cette étape dure de 2 à 10 heures, une vache adulte donnant généralement naissance au veau en 3 heures. Les contractions augmentent en intensité et régularité, poussant le fœtus. La poche des eaux se rompt alors. Le fœtus progresse dans la filière pelvienne : ses pattes avant apparaissent d'abord à l'extérieur, puis sa tête. Ce qui permet de ne pas rompre le cordon ombilical pendant que la tête du veau est encore à l'intérieur (le veau ne pourrait alors pas respirer).
Troisième étape : la délivrance Pendant cette troisième étape, le veau est au sol, encore englué, léché par sa mère, le cordon ombilical rompu. Le reste du placenta est alors expulsé de l'utérus, dont le volume a brutalement diminué, mais qui continue de se contracter. Ces restes de placenta, appelés "délivre", sont expulsés dans les 12 heures suivant le veau.
Si l'éleveur ne trouve pas ces restes aux côtés de la vache (cela survient spontanément dans 5 à 10 % des cas), il appelle alors le vétérinaire, qui va venir effectuer la "délivrance", soit en injectant des produits qui vont stimuler les contractions, soit en intervenant manuellement.
En effet, si ces tissus morts étaient laissés dans l'utérus, ils risqueraient d'y provoquer une infection.
Tous les veaux ne pèsent pas le même poids à la naissance. Cela dépend tout particulièrement de la race des parents. Les bovins Charolais, par exemple, sont des races "à viande" : ils sont très massifs et ont une masse musculaire imposante. Ce qui se retrouve dès la naissance sur leurs veaux, qui dépassent souvent 50 kg.
Inversement, la vache Holstein, qui est une race laitière, a un format plus fin et ses veaux pèsent aux alentours de 40 kg.
Les premiers soins au veau nouveau-né Lorsque l'éleveur assiste au vêlage, dès la naissance du veau il va lui dégager les narines de toutes les matières liquides qui les bouchent et s'assurer que le veau respire normalement. Dans certains cas, suspendre le veau la tête en bas aide à éliminer ces matières de l'appareil respiratoire supérieur.
La désinfection du reste du cordon ombilical reste un geste important : une infection du nombril est une complication relativement fréquente.
Enfin, l'éleveur s'assure que le veau a tété très vite après sa naissance. En effet, le premier lait de sa mère est riche en anticorps. Pendant les 24 premières heures de la vie du veau, son intestin est perméable aux grosses protéines. Ces anticorps contenus dans le premier lait (dénommé colostrum) passent alors directement, du tube digestif, dans le sang du veau : il sera ainsi en quelque sorte passivement "vacciné" par sa mère. Ces anticorps ne durent que quelques semaines, mais c'est suffisant au système immunitaire du jeune veau pour prendre le relais dans la défense contre les infections.
Les inconvénients de la mise bas "au pré" Lorsque la naissance du veau se fait au pré, en l'absence d'intervention humaine, ce qui est relativement fréquent pour les vaches de race à viande, le plus grand risque pour un veau est de naître dans des conditions météorologiques défavorables : la plupart des vêlages se font en fin d'hiver, jusqu'au printemps. Le froid n'est pas particulièrement dangereux pour un veau sec. Mais un temps humide et froid épuise rapidement les réserves d'énergie des veaux.
Aux Etats-Unis, une enquête nationale a montré que les mauvaises conditions météorologiques au moment de la naissance étaient la première cause de mortalité des veaux (un animal sur cinq).
Là encore, l'observation des animaux par l'éleveur permet de limiter toute déconvenue.
La manipulation des veaux, les soins à leur apporter, leur transport, sont autant d'actes quotidiens strictement réglementés sur la base d'une préoccupation fondamentale : le bien-être des animaux.
Parmi les mesures réglementaires applicables depuis 1998, les veaux de boucherie doivent être élevés en groupe, quel que soit le mode d'élevage. Ils sont donc logés dans des cases de 2 à 5 animaux ou dans des parcs collectifs de 15 à 50 veaux. Ils bénéficient de l'espace leur permettant d'exprimer leur comportement social, de s'ébattre, de courir et de se coucher de tout leur long.
Avant l'âge de 8 semaines, certains éleveurs utilisent des boxes individuels afin de contrôler la bonne adaptation de chacun des veaux à l'élevage. Les parois de ces boxes sont ajourées afin de permettre le contact visuel et tactile entre les veaux.
La base réglementaire du transport des ruminants Il y a certaines règles auxquelles le transport des animaux ne déroge pas : elles sont relatives à l'état de l'animal. Hors contexte exceptionnel, il est en effet interdit de transporter, dans un but lié au commerce (vente, abattage…), des animaux malades ou blessés, pas plus que des vaches ou des brebis gestantes et proches du terme.
De même, un jeune âgé de moins de deux jours doit rester avec sa mère et ne peut être soumis au transport. Il est simple de distinguer les nouveau-nés : leur nombril (ombilic) n'est pas cicatrisé.
Les règles de bien-être des animaux telles qu'elles sont définies dans la législation concernent des transports à visée commerciale : elles ne s'appliquent pas à l'éleveur qui embarque des veaux dans une fourgonnette pour les amener au champ, ou, d'une façon plus générale, à des transports de moins de 50 km.
L'aiguillon est depuis longtemps interdit pour obliger les animaux à monter dans un camion de transport. Il existe également une pile, qui envoie de faibles décharges électriques si elle est mise au contact de la peau de l'animal (un peu comme les clôtures électriques). Son utilisation est réglementée aussi : la loi prévoit que l'on "évite dans la mesure du possible l'utilisation d'appareils administrant des décharges électriques". Ces piles sont tolérées sur les bovins adultes mais seulement sur les muscles de l'arrière-train, sur ceux qui refusent de bouger et si les chocs durent deux secondes au maximum et sont "correctement espacés".
Photo Institut de l'Elevage
Marchés aux bestiaux et bien-être animal
Chaque semaine, à jour et à heure fixes, les marchés aux bestiaux ouvrent leurs portes.
Environ deux millions d'animaux, pour l'essentiel des bovins et des ovins, transitent chaque année par ces lieux d'échanges interprofessionnels. Ces regroupements d'animaux permettent, selon la loi de l'offre et de la demande, de déterminer les prix du bétail.
Le commerce de bétail représente 13 000 opérateurs, 1 500 entreprises, pour un chiffre d'affaires de 9 milliards d'euros.
Maillons indispensables de la filière bétail et viandes, les marchés aux bestiaux sont présents dans plus d'une cinquantaine de communes françaises...
Pour en savoir plus sur les marchés aux bestiaux et voir des extraits du film réalisé par le CIV, consultez notre mini-site :