...ecouter le site...

...navigation en texte...

Comment les volailles sont-elles protégées dans les élevages français ?
Quelles sont les mesures de prévention mises en place pour éviter la propagation d’une épizootie de grippe aviaire ?

Ecoutez
En France, les volailles en élevages sont surveillées par les éleveurs et de façon régulière par des contrôles sanitaires obligatoires. Vu le contexte actuel, la vigilance a été renforcée face au risque de propagation du virus de la grippe aviaire originaire d’Asie.

Le réseau de surveillance français est efficace et constamment opérationnel. En cas de survenue d’un foyer de grippe aviaire, il permettra de séquestrer le foyer, d’empêcher la dissémination du virus et d’éradiquer le plus rapidement possible la maladie, comme cela s’est passé début 2001, chez les ovins, lors des deux foyers isolés d’une autre maladie virale contagieuse, la fièvre aphteuse.
Ce réseau a permis d’identifier le 19 février 2006, le premier cas d’oiseau contaminé par le virus H5N1 sur le territoire national. Ce canard sauvage a été retrouvé mort dans le département de l’Ain, dans les zones humides de La Dombes, une des régions parmi lesquelles la surveillance avait été renforcée depuis plusieurs mois.
Cette découverte d’un cas suspect dans l’avifaune sauvage entraîne la mise en place de mesures de prévention spécifiques à la périphérie du lieu de découverte, pour éviter la propagation du virus. Une zone de protection d’un rayon de 3 km est installée autour du lieu où l’oiseau a été retrouvé, ainsi qu’une zone de surveillance d’un rayon de 10 km. Dans ces deux zones, des mesures, plus ou moins restrictives, applicables aux oiseaux vivants et à leur mouvement sont mises en oeuvres. Ainsi, dans la zone de protection, les oiseaux d’élevage sont confinés, aucun mouvement d’entrée ou de sortie de volailles vivantes n’est autorisé, les élevages font l’objet d’une visite des services vétérinaires pour vérifier l’état sanitaire des volailles, la commercialisation des produits (viandes, sous-produits et œufs) est interdite.

Cependant, dans un souci de précaution et au regard de l’évolution de la situation épidémiologique, le gouvernement français décide de mettre en œuvre différentes mesures :

- toutes les volailles du territoire métropolitain doivent être maintenues, dans la mesure du possible, à l’intérieur de bâtiments fermés : ces mesures de confinement sont prises afin de limiter au maximum le contact direct entre les volailles d’élevage et les oiseaux sauvages ;

- pour certains élevages de canards et d’oies situés dans les zones humides à risques où ces mesures de claustration ne sont pas possibles à mettre en œuvre, les oiseaux seront vaccinés par un vaccin à virus inactivé. Cette mesure concerne les départements des Landes, de la Loire Atlantique et de la Vendée ;

- le rassemblement d'oiseaux vivants dans les foires, marchés et expositions est suspendu sur l'ensemble du territoire métropolitain.

Pour en savoir plus sur les mesures de prévention pour éviter la propagation du virus de la grippe aviaire sur le territoire français

Tout d’abord, pour éviter l’introduction du virus de la grippe aviaire sur notre territoire, à l’échelon européen et à l’échelon national, des mesures sont prises pour interdire l’importation d’oiseaux vivants, volailles et oiseaux de volière, et de produits de volailles en provenance des pays atteints par cette maladie. Les contrôles aux postes frontières ont été renforcés.

Les oiseaux sauvages, lors de leur passage en France, sont surveillés de façon régulière
par les chasseurs, les vétérinaires et les agents de l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) et les membres d’associations ornithologistes qui signalent et analysent tout cas de mortalité anormale.
Du fait du contexte actuel, l’analyse de la mortalité observée chez les oiseaux sauvages est renforcée. De plus, en France deux zones de passage important d’oiseaux migrateurs – la Camargue et les étangs de Loire Atlantique – sont sous "haute surveillance pour la grippe aviaire". Les oiseaux migrateurs sont capturés par les agents de l’ONCFS et d’autres scientifiques pour la réalisation de prélèvements afin de vérifier s’ils sont porteurs du virus de la grippe aviaire.

Lors de l'apparition d'un cas d'Influenza aviaire dans un élevage, toutes les volailles présentes sont abattues sur l’élevage et tous les cadavres des animaux et les oeufs sont détruits de façon à éliminer le virus. Les locaux et les matériels souillés seraient obligatoirement désinfectés.
Des mesures complémentaires visent dans ce cas à installer une zone de protection et de surveillance autour de l’élevage concerné pendant un temps suffisant pour vérifier l’éradication de la maladie. Au sein de cette zone, le transport de volailles est interdit. Les oiseaux élevés en plein-air sont confinés dans des bâtiments d’élevage. Des moyens de désinfection pour les personnes et les véhicules sont mis en place.
Jusqu’à ce jour, en France, la vaccination des volailles contre la grippe aviaire était interdite, il s’agit d’une interdiction prise à l’échelon communautaire de façon à pouvoir identifier le plus rapidement possible l’introduction d’un virus responsable de la maladie. Cette interdiction peut être levée de façon exceptionnelle par le ministre chargé de l’agriculture et après avis de la Commission Européenne. Cette décision vient d’être prise, en France, pour les canards et oies d’élevages situés dans les zones à risque des départements des Landes, de Loire Atlantique et de Vendée dans les élevages où le confinement n’est pas réalisable.

En Europe, cette interdiction de vaccination avait déjà été levée en Italie, où à la suite de l’épizootie de grippe aviaire de 1999-2000, due à une souche H7N3, un vaccin a été utilisé en complément des mesures sanitaires pour maîtriser la maladie.