Les prairies protègent les sols contre l’érosion, limitent les inondations, incendies et avalanches...
Retranscription de la vidéo
Bienvenue sur le plateau de l’émission Décryptage de la CIV TV.
Il existe en France quelques 13 millions d’hectares de prairies et de parcours, qui occupent un quart du territoire. Ces verts pâturages, qui sont intimement liés aux éleveurs d’herbivore et à leurs troupeaux, structurent le paysage et représentent un véritable intérêt écologique. Partons ensemble à la recherche des trésors cachés des prairies.
Les prairies sont des éléments clés de nos paysages français. On trouve notamment les parcours alpins et les estives pyrénéennes qui sont des pâturages d'altitude, les grands plateaux herbagers du Massif Central et des Vosges, les bocages du Centre, de Normandie et de Bretagne ainsi que les prairies des plaines du Nord. Ces pâturages ouvrent l'espace et offrent à la vue une mosaïque d'éléments variés.
Laurence Renard, paysagiste : « Nous sommes ici dans le parc naturel Régional de la Haute Vallée de Chevreuse. En l’occurrence la vallée de la Mérantaise qui est un schéma classique des vallées du parc avec des coteaux abrupts et boisés et un fond de vallée pâturé. Le parc a un enjeu fort de réouverture des fonds de vallée par le pâturage, qui apporte au point de vue du paysage beaucoup de lumière, de contraste avec la végétation, un vert très tendre, tout un jeu de courbes… »
L’élevage des ruminants s’est historiquement développé sur des terres non cultivables ou peu fertiles où pousse naturellement de l’herbe. En broutant et en maintenant des espaces dégagés, les troupeaux entretiennent les paysages de nos régions.
François Hardy, chargé de mission environnement : « Nous nous trouvons sur la prairie de la Glacière à Saint-Rémy-les-Chevreuses sur un site qui devenait un boisement un peu trop prégnant pour le paysage. Nous avons décidé avec la commune de couper ce boisement et de restaurer cette prairie naturelle mais qu’il fallait ensuite entretenir. Nous avons choisi la solution de l’élevage local, en pâturage extensif. L’idée était que l’éleveur et le parc s’y retrouvent au niveau économique et au niveau intérêt écologique du site. »
En trente ans, les paysages français ont perdu 30 % de leur surface, principalement au profit de l'urbanisation et de la forêt. Maintenir les prairies est donc essentiel pour la diversité des paysages mais aussi pour la biodiversité et l'équilibre écologique des territoires.
Jean-Jacques Ménieux, biologiste : « C’est grâce à la réouverture de ce paysage que la biodiversité s’est très largement réinstallée dans cette prairie avec la présence d’une flore relativement riche, d’une quarantaine d’espèce à la fois de légumineuses et de graminées.
Depuis la reconquête de cette prairie, la faune aussi a gagné en biodiversité puisque l’on retrouve notamment une espèce de papillons qui avait quasiment disparu comme Parnassius »
Les prairies, haies et talus, couplées à de bonnes pratiques agricoles, jouent un rôle positif majeur sur la qualité de l'eau. Elles réceptionnent l'eau de pluie, qui percole au travers de ces surfaces presque naturelles. L'herbe joue alors un rôle de filtre, réduisant le risque de pollution des nappes phréatiques et des cours d’eau. L’herbe prévient aussi les risques d’érosion en retenant les particules du sol.
Enfin, la prairie constitue un véritable puits de carbone stocké, grâce au mécanisme de la photosynthèse. Les végétaux, comme l’herbe des prairies, utilisent l’énergie solaire, l’eau et le dioxyde de carbone de l’air (CO2) pour produire des glucides (qui forment les tissus végétaux). Quand les plantes meurent, la matière organique à base de carbone dont elles sont constituées s’accumule sur le sol. C’est pourquoi, on dit que les plantes « captent le CO2 de l’air » et « stockent le carbone ».
Sous nos climats, les prairies stockent ainsi en moyenne autant de carbone que les forêts, tant qu’elles ne sont pas labourées, et participent donc à la compensation des gaz à effet de serre émis par l’activité d’élevage ruminant (méthane notamment) limitant ainsi son impact sur le réchauffement climatique.
Aux quatre coins de France, les prairies et l’élevage herbivore participent ainsi à la qualité et à la diversité des paysages et offrent un véritable équilibre écologique. Elles contribuent également au maintien de la vie rurale dans les territoires et créent même de l’emploi.
A bientôt pour un nouveau numéro de Décryptage sur la CIV TV.