Environnement et gestion des déjections
- Date de mise en ligne :
- 05/06/2008
- Durée :
- 3:50
Le lisier, constitué des déjections des animaux, est un bon engrais organique qui, bien utilisé, fournit aux plantes les nutriments dont elles ont besoin...
Retranscription de la vidéo
Bienvenue sur le plateau de l’émission Décryptage de la CIV TV
Tous les animaux produisent des déjections qui sont gérées de façon rigoureuse par les éleveurs pour
éviter toute pollution de l’environnement. Collecte, stockage, épandage, découvrons ensemble les
différentes étapes de la gestion des déjections. Vous verrez que grâce à elles, on peut même faire des
économies!
L’hiver, lorsque les animaux sont à l’abri en bâtiments, l’éleveur collecte régulièrement les
déjections sous forme de lisier ou de fumier. Le lisier, qui est liquide, va dans des fosses étanches
bien dimensionnées. Le fumier, constitué de paille et de déjections, est stocké en tas.
Objectif : éviter tout risque d’écoulement vers le milieu naturel. Ces engrais organiques seront
ensuite épandus à la bonne période sur les champs et les prairies pour fertiliser les sols.
Stéphane Gonnon, conseiller technique en élevage : « L’hiver, les animaux sont rentrés à l’étable.
Tous les jours, l’éleveur apporte de la paille à ses animaux pour leur assurer une litière propre et
sèche. Mélangée avec les déjections, elle va se transformer en fumier et ce fumier va être évacué des
bâtiments tous les deux à trois mois pour être déposé en bout de champs. Là, il va y avoir une
décomposition naturelle jusqu’à l’épandage du fumier 6 à 8 mois plus tard ».
Finalement, les déjections collectées l’hiver retournent à la terre, comme dans le cycle naturel.
Déposées sur les cultures ou sur les prairies, les déjections se décomposent lentement sous l'action
des organismes vivants du sol puis se minéralisent, apportant alors aux plantes des éléments nutritifs
indispensables à leur croissance tel que l’azote. Ces plantes nourrissent ensuite les animaux. La
boucle est bouclée.
Justement, au niveau de l'exploitation, l'éleveur ne réalise pas l’épandage des déjections au hasard.
Il calcule avec précision, champ par champ, quelle quantité il doit épandre pour apporter aux plantes
ce dont elles ont besoin…ni plus, ni moins !
Stéphane Gonnon, conseiller technique en élevage : « Le plan d’épandage, c’est le premier document
dont l’éleveur a besoin pour épandre son fumier. C’est une cartographie qui reprend l’ensemble de ses
parcelles en indiquant précisément les zones épandables et les zones interdites à l’épandage. La
réglementation nous interdit notamment d’épandre à moins de 35 m d’un cours d’eau et d’épandre à moins
de 100 m des habitations. Par exemple, derrière moi, avec les maisons d’habitation, on ne peut pas
épandre sur cette prairie qui est située à moins de 100 m.
Le deuxième document important pour l’éleveur, c’est la réalisation de son plan de fumure
prévisionnel. On le réalise parcelle par parcelle et chaque année. Il permet de calculer les besoins
totaux de la plante en azote. Pour cela, on va prendre en compte, la culture de l’année précédente, la
culture de cette année, le type de sol et l’objectif de rendement de la plante. »
Une fois les besoins de la plante calculés, on détermine la part d’azote apportée par les déjections
animales et la part d’azote apportée par les engrais minéraux achetés pour compléter.
Respectueux de l’environnement, l'épandage des déjections est aussi économique : c'est un engrais
naturel et gratuit. Dans certaines situations, on peut même aller plus loin dans la valorisation des
déjections… En produisant de l'énergie.
Faire de la méthanisation, c'est produire de l’énergie grâce aux déjections : les fumiers et les
lisiers sont mélangés avec d’autres déchets organiques venant d’industries ou de collectivités et
fermentent dans des digesteurs sous l’action de bactéries. Le biogaz produit alimente un moteur qui
génère de la chaleur et du courant électrique. La chaleur permet de chauffer la maison et les
bâtiments, l’électricité est soit utilisée dans la ferme, soit vendue. Et ce qui reste, le digestat,
est épandu dans les champs.
Vous voyez, valoriser les déjections animales, c’est comme recycler ! Lavoisier avait raison : rien
ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme!
A bientôt pour un nouveau numéro de Décryptage sur la CIV TV