La vue elle est très importante. C'est le sens qui est en général sollicité en premier dans une dégustation et vraiment tout commence avec la vue. La vue va créer des attentes très fortes par rapport aux perceptions que l'on va avoir en bouche. Dans les classes du goût, on a une séance sur la vue, justement, où l'on propose aux élèves un yaourt à la pêche (qui n'est pas coloré) et le même yaourt à la pêche qui est coloré en rose. Et en dégustant ces deux yaourts, les enfants vous disent à tous les coups que le premier yaourt qui est soit à la pêche, soit à l'abricot, soit à la banane, soit à l'ananas, soit à la vanille, des choses qui ont une couleur claire, et que le deuxième c'est de la fraise ou de la framboise ou de la cerise, enfin des couleurs de fruits rouges. Cela montre à quel point la dégustation est un acte multisensoriel, cela montre à quel point la vue pèse dans la dégustation. Quand vous dégustez une viande, c'est un petit peu la même chose. Selon l'intensité de la couleur rouge, vous allez vous attendre à un goût plus ou moins fort en bouche. Des viandes plutôt claires, vous allez vous dire que cela a un goût assez délicat. Celles qui ont une couleur un petit peu plus prononcée, vous allez vous dire que peut-être cela a un goût plus prononcé, plus ample en bouche. Même chose au niveau, visuellement, de la répartition du gras. Si vous avez une viande qui est bien persillée, voir marbrée, et que vous êtes un petit peu connaisseur de viande, vous allez vous dire « cette viande là va avoir plus de goût » car le gras véhicule un petit peu les arômes.